Le lâcher prise, un encouragement à l’impuissance ?
L’accumulation d’injonctions contradictoires produit immanquablement des situations de blocage et d’épuisement. D’autant qu’il est fréquent que l’individu se mette lui-même une pression supérieure à celle créée par la société en ajoutant ses propres critères. Est arrivée une nouvelle injonction qui se pare des atours du bon sens et de la bienveillance : le « lâcher prise ». Miraculeusement il devrait permettre à l’individu de sortir de l’impasse, recharger ses batteries et y voir plus clair. Mais dans la pratique généralement il n’en est en rien. Lâcher quoi, quand, pourquoi, face à qui, contre quoi, qui le dit ? Et il se passe quoi ? Rien justement ? Jusqu’à temps que cela s’éclaircisse et que les actions à reprendre s’imposent d’elles-mêmes ? C’est confondre une instruction de méditation ou de yoga, pour sortir du brouillard mental et de la rumination, avec un principe de management ou un principe de vie.
Du bon usage de la règle de Marc Aurèle
« Avoir la force d’accepter avec sérénité les choses que je ne peux changer, avoir le courage de changer celles que je peux changer, avoir la sagesse de savoir distinguer les unes des autres. » Ici, point question de « lâcher prise », mais de détermination, de courage et de discernement. Si souvent invoqué comme l’une des compétences majeures à développer, le discernement n’est pas le fruit d’une simple réflexion et d’une prise de hauteur.